L'OUZBEKISTAN - BUKHARA

Le passage de la douane sera assez laborieux, puisqu'il faudra attendre que l'humeur des douaniers soit favorable. Nous aurons droit à une fouille complète des bagages et déclaration des devises sous les yeux d'un douanier fort scrupuleux.

Ce qui est le plus frappant, lorsque l'on traverse la campagne ouzbèke, c'est l'immensité des champs de coton. Du temps de l'URSS, cette république assurait plus de 70% de la production nationale. Cette culture liée à une irrigation intensive s'est faite aux dépends de la mer d'Aral.

Le problème de la mer d'Aral est survenu dans les années 1970 après que l'irrigation pratiquée depuis longtemps de façon modérée en Ouzbékistan, au Kazakhstan et au Turkmenistan ait été accrue subitement. La catastrophe qui s'ensuivit était connue d'avance par les planificateurs soviétiques qui ne s'inquiétaient que de la production. Aujourd'hui, les deux deltas qui abritaient de nombreuses espèces animales et végétales sont devenus désertiques. La mer a reculé de plus de 50 km par endroits et son volume n'est plus que du quart! Depuis la fin des années 1980, il y a deux mers d'Aral : celle du nord, parfois encore alimentée par le Syr-Daria et celle du sud par l'Amu-Daria.

Plusieurs associations se sont préoccupées de cette catastrophe naturelle. En coupant totalement l'irrigation durant trois ans (ce qui est tout a fait inimaginable aujourd'hui), la mer retrouverait son niveau initial. Malheureusement, personne ne veut faire le premier pas et le problème est encore accru par le fait de l'indépendance des trois républiques concernées qui ne voient chacune que leur propre intérêt.

BUKHARA était autrefois alimentée par de nombreux canaux et bassins. Porteurs de maladies, la plupart furent abandonnés. Seul le centre de la vieille-ville (Labi-Hauz) en possède encore. Ici, on a l'impression de vivre dans un grand village, comme au XIX ème siècle. Les petites ruelles serpentent entre les bâtisses en terre séchée, avec des portes en bois sculptées. A l'ombre des arbres, des enfants jouent ou se baignent dans les bassins. Leurs aînés jouent au backgammon en buvant du thé. La vie y est paisible, un peu trop peut-être.

Bukhara est séparée en deux : la vieille-ville fermée au trafic et la ville russe moderne où sont tracées de larges avenues presque désertes. On y trouve de gros hôtels en état de délabrement avancé. Dans celui où nous avons séjourné, la tuyauterie semblait dater d'une autre époque...



Passage de la douane ouzbèke


Kalan minaret à Bukhara


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